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Rencontre inspirante : Fabienne Dervain à la tête d’un coffee shop à Abidjan

By 22 septembre 2016 No Comments

Dans le cadre du développement de nos actions de soutien à l’entrepreneuriat des femmes dans le monde, nous lancerons prochainement notre premier centre de formation et d’accompagnement dédié aux entrepreneures, en Côte d’Ivoire. En juin dernier, la campagne de crowdfunding que nous lancions pour financer ce projet nous a permis de récolter 11 481€, encore merci ! Grâce à cet argent, nous avons pu nous rendre sur place afin de nouer des partenariats et d’aller à la rencontre des femmes entrepreneures. Nous avons eu la chance de rencontrer Fabienne Dervain, une jeune entrepreneure de 28 ans qui a accepté de partager avec nous son parcours.

Présente-toi en quelques mots. En quoi consiste ton activité ? 

Je m’appelle Fabienne, j’ai 28 ans, je suis propriétaire et gérante de Couleur Café, un coffee shop à l’ivoirienne, qui a été crée en 1999 par ma mère et que j’ai repris en août 2013 lorsque j’ai obtenu mon master en management international. Comme dans un coffee shop traditionnel on y vend des produits à base de thé, de café, de chocolat et quelques snacks.

Comment l’histoire a-t-elle commencé ? Qu’est-ce qui a été déclencheur pour toi pour t’engager dans cette aventure ? 

Lorsque je faisais mon master en Angleterre, ma mère a dû fermer Couleur Café pour plusieurs raisons, dont la crise politique. Après des études plutôt généralistes en business, je ne savais pas vraiment vers quel domaine m’orienter. Lorsque l’opportunité de travailler pour Couleur Café s’est présentée à moi, je n’ai pas hésité. De plus, j’ai toujours été passionnée par la cuisine. Et puis au fond de moi, j’ai toujours su que je voulais entreprendre, comme ma grand-mère puis ma mère.

Pourquoi as-tu voulu entreprendre ? 

Ma grand-mère était une vraie business woman et elle m’a influencée à travers son parcours. Elle a entrepris à une époque où les femmes étaient cantonnées à rester à la maison. De nos jours, l’entrepreneuriat est plus courant même si cela reste toujours plus difficile pour les femmes.

Quelle est ta plus grande fierté professionnelle ? 

Définitivement, d’avoir tenu le coup ! Je suis assez transparente sur mon parcours, j’ai un blog où je partage mes expériences en tant qu’entrepreneure. Je ne cache pas les échecs auxquels j’ai dû faire face, j’ai fait beaucoup d’erreurs mais j’essaie de tirer le point positif de tout ça et de rester optimiste. À travers ce blog, j’essaie de favoriser la création d’une communauté d’entrepreneurs.

Aujourd’hui, est-il facile d’entreprendre pour une femme ? 

Être une femme dans ce monde, est un désavantage. Nous sommes encore et toujours victimes de stigmatisation et de discrimination. Mais je pense qu’il est temps de prendre les choses en main et de faire évoluer les mentalités.

Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, 17% des entreprises du secteur formel sont dirigées par des femmes ? Que penses-tu de ce chiffre ?

C’est une très mauvaise chose qu’aussi peu de femmes fassent partie du secteur formel. Je pense que c’est culturel, chez nous les femmes sont censées rester à la maison et l’homme supposé ramener l’argent au foyer. Pourtant, lorsque que l’on regarde dans la rue, la plupart des commerces sont tenus par les femmes !

As-tu un modèle féminin ? 

Oui, ma mère. Elle m’inspire une certaine stabilité, c’est le pilier de la famille. C’est la force tranquille et je pense que c’est le cas de beaucoup de femmes ivoiriennes. Elle est à l’initiative de l’activité que je gère aujourd’hui et a réussi à entreprendre avec pas grand chose. J’aspire à lui ressembler.

Swaady Martin m’inspire aussi. C’est une femme d’origine ivoirienne qui vit en Afrique du Sud et qui a monté sa marque de thé. Elle avait un parcours professionnel envié par beaucoup et elle a décidé de tout arrêter pour monter son entreprise.

Alexandra Rotaru est également un modèle.

Aimerais-tu voir une plateforme ou une initiative qui permette de valoriser et de mettre en lumière ces femmes ? 

Complètement ! C’est ce que je disais sur mon blog, Amie Kwamé par exemple est un modèle en termes d’entrepreneuriat féminin. Toutes ces femmes doivent être plus médiatisées. On gagnerait à s’unir, se rassembler, se fédérer.

La mission de Empow’Her est d’offrir plus de solutions aux femmes. Pour toi, quelles solutions permettraient de booster l’entrepreneuriat féminin ? 

Je pense qu’il faut mieux informer les femmes sur leurs droits, elles ne les connaissent par assez. Il est important de les aider à savoir ce qu’elles aiment et de les former pour qu’elles puissent exercer l’activité qui leur convient. Il faudrait également faire le lien entre le gouvernement et les femmes entrepreneures.

Pourquoi notre action ici peut-elle être pertinente ? 

On gagne toujours à apprendre d’autres personnes. Peu de gens font ce que vous faites. Vous êtes une organisation internationale, c’est important. Ce volet international va permettre d’apporter des choses qui se font dans d’autres pays et qui n’existent pas ici. Une synergie peut se faire. Votre expérience et votre ouverture sont des avantages.

Un message aux femmes :

Lancez-vous et unissez-vous afin de d’être plus fortes ensemble !

 

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